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Des défis et chantiers d’envergure pour la mobilité électrique de demain

Electrique et nouvelles énergies   >    Passer à l'électrique

Cette année, les ventes de véhicules électriques n’ont pas trop souffert des conséquences de la crise sanitaire, se démarquant au sein d’un secteur automobile durement impacté. Alors que la transition énergétique est désormais pleinement engagée, les acteurs de la mobilité électrique vont devoir redoubler d’efforts pour tenir les objectifs ambitieux fixés au niveau français et européen. Stéphane CHAMBON, Directeur Affaires Publiques & Comptes Stratégiques à la Direction Mobilité & Nouvelles énergies du Groupe TotalEnergies, explique les principaux défis à relever au cours des prochains mois.

 

Par Nikolas - Publié le 03/11/2020

Lecture : 8 min


Homme qui recharge son véhicule électrique

Bornes et infrastructures de recharge : un calendrier accéléré … et une échéance à fin 2021

Le gouvernement a récemment fixé un nouveau cap à atteindre pour les bornes de recharge en France, avec un objectif de 100 000 équipements installés à la fin de l’année prochaine. Comment se positionne TotalEnergies face à ce délai resserré ?

Stephane Chambon

Avant tout, il faut rappeler que les dispositifs ne manquent pas à l’échelle nationale comme au niveau local pour aider à atteindre cet objectif d’envergure. Le programme ADVENIR a ainsi été renouvelé dans une nouvelle version pour une durée de 4 ans à compter de novembre 2020, avec des critères d’éligibilité élargis et un budget multiplié par cinq, à 100 millions d’euros. Ce nouveau plan doit permettre d’accélérer la mise en place d’infrastructures de recharge sur l’ensemble du territoire : en entreprises, sur la voie publique ou dans les collectivités, afin de faciliter l’accès à la recharge pour l’ensemble des utilisateurs. Les régions et les villes peuvent également mettre en place des aides et des subventions complémentaires et cumulatives pour accompagner le déploiement de la mobilité électrique.

TotalEnergies s’inscrit pleinement dans cette démarche globale, avec des projets de grande ampleur sur les prochaines années. Nous avons ainsi actuellement un plan en cours visant le doublement en 2021 de nos bornes opérées en France (10.000 bornes en 2020) et le déploiement de 300 hubs de recharge très haute puissance (jusqu’à 175 KW) au sein de notre réseau de stations-services. Ces installations seront réparties de manière équivalente entre le réseau autoroutier, le réseau routier national et les zones urbaines, ces dernières ciblant plus précisément des professionnels ayant des usages intensifs de leurs véhicules électriques nécessitant des temps de recharge relativement courts (par exemple : les taxis et VTC, les véhicules utilitaires effectuant un nombre important de kilomètres en ville ou pratiquant la livraison au dernier kilomètre). De manière plus générale, nous ciblons tous les types d’usage et tous les types de lieux, du domaine privatif en entreprise au domaine public en voirie, y compris les bornes au domicile des collaborateurs pour la recharge de leur véhicule de fonction.
 

« Airbus des batteries » : un programme technologique européen ambitieux

TotalEnergies participe activement à l’Airbus des batteries en partenariat avec PSA, par l’intermédiaire de sa filiale Saft et de la co-entreprise Automotive Cells Company (ACC). Quels sont les projets associés à ce programme et sous quel calendrier ?

L’intérêt premier de ce programme européen, c’est d’être suffisamment préparés pour faire face à l’accroissement de la production de véhicules électriques en Europe dans les prochaines années. A travers la mise en place de deux sites industriels implantés en France et en Allemagne, nous souhaitons être en mesure d’équiper un million de véhicules en 2030, ce qui représenterait plus de 10% du marché européen à cet horizon. Ces infrastructures nous permettront par ailleurs de développer une certaine indépendance dans un secteur où gravitent de nombreux acteurs non-européens.

Au vu des statistiques récentes en France en matière de nouvelles immatriculations, la nécessité de construire un tel outil industriel est indéniable. Sur le mois de septembre 2020, l’Avere-France a en effet constaté que les ventes de véhicules électriques ont été multipliées par 2,5 par rapport à septembre 2019. Elles ont quadruplé sur le segment des véhicules hybrides rechargeables. Même si ces chiffres bruts demeurent assez peu élevés à ce stade, la dynamique est évidemment favorable et va de plus profiter des dernières législations telles que la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), qui fixe des quotas de verdissement des flottes publiques et privées pour les prochaines années.

Œuvrer pour la mobilité électrique, cela implique de trouver le bon équilibre entre le déploiement des infrastructures de recharge et le développement des flottes électriques. Ces deux leviers ne peuvent fonctionner que de concert : l’installation de bornes de recharge n’a du sens que si des véhicules électriques les utilisent au quotidien mais un nombre insuffisant de points de recharge serait incontestablement un frein à l’augmentation du nombre de véhicules en circulation. C’est pourquoi TotalEnergies investit massivement dans les infrastructures de recharge tout en contribuant à l’augmentation des capacités de production de batteries électriques et à l’amélioration technologique de ces équipements, dans le but de les rendre plus efficients (plus grande quantité d’énergie stockable sur un même poids de batterie, réduction du temps de recharge…).
 

Fiscalité des véhicules électriques : le besoin d’une ligne directrice cohérente

Les évolutions fiscales sont assez fréquentes sur le secteur automobile. Des changements sont ainsi à prévoir au cours des prochains mois : bonus/malus écologique, instauration d’un malus lié aux pois des véhicules… Comment anticiper de tels changements et quel serait leur impact ?

Pour qu’une nouvelle réglementation ou disposition fiscale soit efficace, elle doit pouvoir garantir une certaine constance et cohérence avec la stratégie d’ensemble. Dans le cas contraire, le risque est de brouiller le message pour les différents acteurs et publics concernés ; dans le cas présent, les acquéreurs potentiels de véhicules électriques. Ces derniers ont besoin de confiance et de visibilité sur le long terme concernant les régimes fiscaux en vigueur, afin de pouvoir investir pour faire évoluer leur mobilité.

Dans sa réflexion d’achat, un client étudie de nombreux aspects parmi lesquels le contexte réglementaire et les règles fiscales applicables, ce qui inclut les systèmes de bonus/malus ou les subventions et aides locales. Ces éléments font partie des aspects essentiels pour estimer le TCO d’un véhicule et le mettre au regard d’un budget à disposition. Dans une démarche affirmée de transition énergétique, il est donc important que les idées formulées et les décisions prises ne viennent pas économiquement pénaliser les nouvelles énergies aujourd’hui en développement.
 

Concernant les mesures prises actuellement ou en préparation, percevez-vous justement cette cohérence d’ensemble ?

Les lois votées et les décrets ou arrêtés qui en ont découlé, ainsi que les dispositifs fiscaux au sens large, nous semblent respecter un fil conducteur cohérent, ce qui est de nature à rassurer et à donner confiance aux usagers. Après, nous n’avons pas de boule de cristal pour prévoir les évolutions prochains mois et années à venir… L’idée portée par la Convention Citoyenne pour le Climat à propos d’un malus applicable aux poids des véhicules est un bon exemple. Il ne s’agit pas de dire dès maintenant s’il s’agit d’une décision cohérente ou non, mais plutôt d’analyser l’impact économique de cette mesure éventuelle, à travers ses critères et modalités de mise en œuvre. L’objectif initial de cette proposition est de favoriser le recours aux véhicules de petite catégorie en zone urbaine, ce qui peut s’entendre d’un point de vue environnemental, mais il ne faudrait pas que cela devienne contre-productif en pénalisant un type de motorisation comme celle des véhicules électriques, qui pourraient être directement concernés du fait du poids des batteries.

L’hydrogène, future clé de voûte de la transition énergétique ?

Le plan France Relance dévoilé début septembre confirme une tendance favorable à l’hydrogène, avec de gros investissements prévus d’ici 2030. Comment se positionne TotalEnergies dans cette démarche et quelle vision porte le groupe à propos de cette énergie ?

Le développement de technologies de véhicules zéro ou très faibles émissions pour le segment des poids lourds est un défi à part entière pour la transition énergétique. Or, un constat s’impose concernant l’électrique : celle-ci rencontre à court comme à moyen terme ses limites concernant les véhicules de transport routier, qui ne pourront pas couvrir de longues distances à travers le pays ou le continent avec une technologie 100% électrique. 

C’est la raison pour laquelle TotalEnergies concentre une part importante de ses efforts sur le développement d’une filière hydrogène à l’échelle européenne dont les cibles premières sont les parcs de véhicules lourds : bus, camions ou bennes à ordures ménagères, ces dernières fonctionnant actuellement majoritairement au gaz naturel véhicule.

L’un de nos modèles envisagés repose sur l’installation d’unités de production directement sur site, soit grâce aux techniques d’électrolyse de l’eau ou soit par reformage du gaz naturel ou de biogaz. Ces stations seraient dimensionnées pour produire et fournir de l’hydrogène en fonction des niveaux de consommation des flottes de véhicules. Ce qui peut être un vrai challenge sur des technologies nouvelles mais est au cœur des métiers et savoir-faire de TotalEnergies.
 

Quid de la production d’hydrogène d’origine renouvelable ?

Pour ces projets d’unités de production, les éléments-clés sont les attentes et objectifs de nos clients. Souhaitent-ils produire de l’hydrogène 100% vert ? Est-ce une cible à terme ou une exigence dès le démarrage ? Nous accompagnons au maximum nos clients dans cette démarche par diverses simulations mais il faut bien garder à l’esprit qu’il peut y avoir des écarts significatifs en termes de coût de production, notamment en fonction de la taille des unités de production et du coût de l’électricité pour une hydrogène fabriquée par électrolyse de l’eau à partir d’électricité d’origine renouvelable (éolien, solaire…). Ces écarts, très variables peuvent aller jusqu’à plusieurs euros par kilo d’hydrogène produit.

Les nouvelles énergies, une transformation d’aujourd’hui et de demain pour TOTALenergies

Acteur majeur engagé pour la mobilité des entreprises, TotalEnergies s’appuie sur des infrastructures et des services de grande qualité, qui lui ont permis d’enregistrer des réussites durables dans le cadre de ces activités historiques. Tout l’enjeu pour nous est de conserver ces niveaux de standard sur les nouvelles énergies. Pour la mobilité électrique, nous avons ainsi fait le pari de fournir une électricité 100% renouvelable à nos clients qui viendront recharger leurs véhicules dans nos stations. 

Au-delà de l’énergie fournie et de nos équipements, cela concerne également nos parcours clients, avec une nécessité forte de proposer un accompagnement, simple et efficace pour chacun de leurs besoins : localisation rapide d’une station équipée, mise à disposition de toutes les informations pratiques (moyens de paiement acceptés, temps des différents modes de recharge, etc.), confort dans ces nouveaux usages, qualité de service avec le sourire de TotalEnergies en plus ! Un défi d’autant plus important pour nous qu’il s’agit d’activités encore naissantes que nous aurons à adapter au fil du temps en fonction de l’évolution des attentes de nos clients.
 

 

 


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