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L’intermodalité, avenir du transport urbain pour les professionnels ?

Gestion de flotte > Services et équipements

L’intermodalité a le vent en poupe. Autrefois uniquement utilisée dans le fret, elle concerne aujourd’hui aussi le transport de voyageurs. Tous les signaux sont au vert, grâce à une demande croissante portée par les nouvelles technologies et à une réglementation favorable visant à réduire le tout-voiture. En quelques années, l’intermodalité est devenue une tendance de fond, fortement susceptible de redessiner l’avenir du transport urbain. Concept, modalités, avantages, enjeux, évolutions : on fait le point.

 

Par Anne - Publié le 30/11/2020

Lecture : 5 min


Intermodalité multiples transports en ville

Définition de l’intermodalité : un concept aux avantages multiples

L’intermodalité consiste en l’utilisation de plusieurs modes de transports, dont au moins un transport collectif, pour atteindre une seule destination. Ainsi, lorsque vous empruntez un transport en commun, l’intermodalité peut vous offrir la possibilité d’effectuer un trajet qui combinera par exemple tram + train + co-voiturage, marche à pied + bus + vélo, métro + trottinette ou encore avion + scooter électrique. 

Le dispositif n’est pas nouveau : le transport de voyageurs a toujours eu une dimension intermodale, au départ pour s’adapter aux contraintes du terrain (passage terre-mer par exemple), puis avec le développement du transport ferroviaire et des gares, dans le but de desservir des lieux éloignés de plus de quelques centaines de mètres des arrêts. L’intermodalité est ainsi aujourd’hui au coeur d'une nouvelle tendance qui changera probablement le paysage du transport urbain dans les années qui viennent.

L’accessibilité intermodale au cœur des nouveaux usages de mobilité urbaine

En matière de politique des transports, le déplacement intermodal s’inscrit aujourd’hui dans une volonté des pouvoirs publics de mettre fin au tout-voiture et tout-camion, tout en développant l’usage des transports en commun, des modes de transport doux, de l’électro-mobilité et d’autres énergies plus propres que les carburants classiques. L’intermodalité s’accompagne donc d’un double enjeu d’éco-responsabilité et de mobilité verte, et d’une recherche d’articulation optimisée de plusieurs modes de transports (urbain, interurbain, ferroviaire…).

Un mode de fonctionnement perfectible pour accroître l’intermodalité ?

Le manque d’interopérabilité entre les différents modes de transports est encore une réalité aujourd’hui. Par ailleurs, dans son principe, l’intermodalité peut apparaître contraignante pour l’usager. Ainsi, selon une étude de la SNCF, un voyageur ayant une correspondance ressent un désagrément équivalent à 1h30 de trajet supplémentaire. Toutefois, une réelle valeur ajoutée en termes de performance de l’offre de transports est à même de contrebalancer la contrainte ressentie et d’assurer le succès d’un pôle d’échanges, clé de voute d’un déplacement intermodal efficace pour les usagers.

Avec l’intermodalité, application d’une mobilité réellement flexible

Nombre de stationnements, services (stationnements sécurisés, location, consignes…), calculs d’itinéraires, horaires, correspondances, durée de trajet évaluée en temps réel : les nouvelles technologies sont en train de révolutionner le transport intermodal. L’offre va devenir de plus en plus lisible et étendue, facilitant les enchaînements. La mobilité flexible au maximum, c’est pour bientôt ! Avec l’arrivée des comparateurs de transport, on peut déjà consulter les offres existantes et créer des combinaisons de transport futées, en ayant le choix de privilégier le temps de trajet ou le prix, voire les deux, tout en faisant des arbitrages en fonction des émissions de CO2 de chaque type de transport.

Des changements d’ordre réglementaire au service de la cohérence intermodale

Autre évolution à venir, réglementaire celle-ci : les institutions européennes sont en discussions pour améliorer la combinaison entre le vélo et le train. Le Parlement souhaite par exemple la mise en place d’au moins huit emplacements pour vélos non démontés par train. Par ailleurs, il faut désormais compter avec la LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) promulguée fin 2019, dont l’article 53 prévoit le développement des modes de déplacement actifs en lien avec l’intermodalité. 

Trois articles intégrés au Code des transports visent à améliorer la liaison entre vélo et transports collectifs : 
•    L.1272-1 : les gares de voyageurs, les pôles d’échanges multimodaux et les gares routières identifiés […] sont équipés de stationnements sécurisés pour les vélos avant le 1er janvier 2024.
•    L. 1272-5 : les matériels (trains) neufs et rénovés affectés à la réalisation des services ferroviaires de transport de voyageurs […], à l’exception des services urbains, prévoient des emplacements destinés au transport de vélos non démontés.
•    L. 1272-6 : à compter du 1er juillet 2021, les autocars neufs utilisés pour des services réguliers de transport public routier de personnes, à l’exception des services urbains, sont équipés, à leur mise en service, d’un système pour transporter au minimum cinq vélos non démontés.

En complément, un décret dont on attend la parution fin 2020, prévoit des stationnements sécurisés pour les vélos aux abords des gares. Enfin, l’association Vélo & Territoires, avec le soutien de l’ADEME et du Ministère de la Transition écologique et solidaire, a entamé cette année une étude pour favoriser le développement de l’intermodalité et de la mobilité durable. Ses objectifs : identifier des pistes d’action à court terme pour les territoires et poser les jalons d’une véritable stratégie nationale intermodale. La dynamique est enclenchée.

Intermodalité et multimodalité : l’essor des pôles d’échanges grâce aux nouveaux acteurs

En France, le concept de pôle d’échanges est récent. Il réunit en un même lieu une variété de modes de transport, parmi lesquels on peut citer marche à pied, vélo, vélo-partage, bus, autocar, métro, tramway, train, avion, taxi, co-voiturage, autopartage…. De taille très variable, les pôles d’échanges ont plusieurs vocations : favoriser les correspondances, améliorer l’accès des usagers au réseau de transports de manière à renforcer l'accessibilité du lieu. Quant aux modes de transport individuels, ils peuvent faire l’objet d’aménagements publics décidés par les municipalités : « parcs relais » axés sur l’interface voiture/vélo-transports collectifs, parkings longue durée, stations de taxi ou de vélos en libre-service aux abords de pistes cyclables, engins électriques en free-floating espaces dédiés au co-voiturage…

 

 


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