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Rétrofit : les aides se multiplient pour convertir vos véhicules en voitures électriques

Electrique et nouvelles énergies   >    Passer à l'électrique

Légalisé au printemps dernier, le rétrofit en est encore à ses premiers pas au sein du marché automobile français. Permettant de transformer un véhicule doté d'un moteur thermique (essence ou diesel) en un véhicule électrique, ce procédé est porteur de promesses dans un contexte marqué par des enjeux de transition écologique forts. Un frein majeur demeure toutefois : le coût, qui s'élève à plusieurs milliers d'euros. Face à ce constat, des mesures incitatives ont été adoptées au cours des derniers mois pour permettre aux professionnels intéressés de passer le cap.

 

Par Nikolas - Publié le 11/12/2020

Lecture : 4 min


La France se met en route pour développer la filière du rétrofit électrique

Sous l'impulsion de l'Association des Acteurs de l'industrie du rétrofit électrique (AIRe), les efforts se multiplient pour accompagner l'émergence d'une véritable filière industrielle dédiée à cette pratique. Suite à la publication de l'arrêté autorisant le rétrofit en France le 3 avril 2020, le président de l'association, Arnaud Pigoudines, évoquait la volonté des entreprises du secteur de réfléchir à la généralisation d'une "solution alternative vertueuse répondant aux nouveaux enjeux de mobilité".

Cet appel a visiblement été entendu au niveau des pouvoirs publics, puisque le gouvernement a profité du plan de relance automobile dévoilé le 26 mai pour faire un pas supplémentaire en direction des acteurs du rétrofit. Ce nouveau coup de pouce prend ainsi la forme d'un élargissement de la prime à la conversion, qui englobe désormais les véhicules transformés grâce au rétrofit électrique. Une décision rapide que l'AIRe n'a pas manqué de saluer : "C’est une très bonne nouvelle, on ne s’attendait pas à en profiter si tôt !".

Quelles sont les conditions pour bénéficier de la prime rétrofit ?

Plusieurs critères essentiels doivent être respectés pour pouvoir prétendre au versement d'une prime rétrofit pour vos voitures converties au 100% électrique. Ces dernières doivent ainsi avoir été mises en circulation depuis au moins 5 ans (3 ans pour les véhicules deux et trois roues) et ne doivent en aucun cas être identifiées comme des véhicules de collection sur la carte grise. Vous devrez également pouvoir prouver que vous êtes propriétaire du véhicule depuis au moins un an. Enfin, il vous sera impossible de revendre le véhicule dans les six mois qui suivent le rétrofit. 

Le montant de la prime rétrofit est similaire à celui de la prime à la conversion, soit 2 500 euros pour les professionnels. Bon à savoir : les véhicules deux roues et trois roues peuvent également prétendre à une aide lorsqu'ils ont été transformés grâce au rétrofit. Pour ces véhicules spécifiques qui peuvent faire partie de vos flottes d'entreprise, la prime est plafonnée à 1 100 euros, en raison d'une technique moins complexe à mettre en œuvre par rapport aux voitures ou aux camionnettes. Bon à savoir : le rétrofit doit impérativement avoir été réalisé par un professionnel homologué, sous peine de sortir des critères d'éligibilité de la prime.

La région Ile-de-France propose une aide complémentaire pour soutenir le rétrofit électrique

A l'image de nombreuses aides déjà mises en place par les régions pour favoriser l'achat de véhicules plus respectueux de l'environnement, le rétrofit électrique a convaincu certains élus régionaux de proposer des dispositifs fiscaux attractifs. C'est notamment le cas en région Ile-de-France, où les TPE et les PME sont concernés par la mise en place d'une prime complémentaire pour la conversion des moteurs de leurs véhicules thermiques. 

Basée sur des critères similaires à la prime rétrofit fixée à l'échelle nationale, ce coup de pouce de la région s'élève à 2 500 euros, soit une aide cumulée qui peut atteindre 5 000 euros pour les professionnels. Alors que l'intérêt autour du rétrofit prend de l'ampleur au fil de mois, la région francilienne espère rendre la pratique plus abordable économique grâce à un afflux de demandes de plus en plus important. Un pari qui semble judicieux si on le rattache au scénario validé par la Loi d'orientation des mobilités (LOM) d'un arrêt de la commercialisation des véhicules thermiques à partir du 1er janvier 2040.

Faciliter le processus d’homologation des véhicules, la prochaine étape essentielle pour le rétrofit

Au-delà de la mise en place d'aides pour favoriser le recours au rétrofit électrique, le principal chantier concerne l'homologation des différents modèles qui pourront basculer du thermique à l'électrique. Un prérequis de première importance pour justifier le déblocage d'investissements conséquents permettant d'industrialiser le processus, et donc de réduire les frais nécessaires pour la transformation des véhicules. 

Compte tenu du montant de la facture, entre 10 000 et 15 000 euros par véhicule en moyenne (voire plus selon le gabarit et l'autonomie), les économies réalisables ne seraient absolument pas négligeables. Le gain de temps et d'efficacité serait également conséquent pour les entreprises pratiquant le rétrofit, puisqu'un feu vert appliqué à un modèle au niveau européen, éviterait le passage par la case homologation à chaque conversion d'un véhicule. Cette homologation généralisée semble en tout cas indispensable pour tenir l'objectif des représentants de l'AIRe, qui visent un total de 350 000 véhicules convertis d'ici la fin de l'année 2025.

 


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